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 CAKA#1 | Glorified.

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MessageSujet: CAKA#1 | Glorified.   Mer 29 Aoû - 21:25

I am reduced to a thing that wants ▬

Sans surprise, Thaddeus est très satisfaisant à tuer. Cela n’a rien du simple plaisir du travail bien fait que l’on peut avoir avec un inconnu. Non, ici, pleinement, Janka a l’impression d’achever quelque chose. Elle a d’abord espionné cet homme, puis elle s’est immiscé dans sa vie, puis elle a pris son visage, puis sa place, puis sa femme. Et enfin sa vie. Janka n’aime pas prendre de poison trop rapide, cela lui gâche souvent le plaisir. Pas trop lent, non plus, il ne faudrait pas que la victime puisse se débattre, résister ou, pire, appeler des secours. Il y a, après tout, un pauvre petit garçon qui dort à l’étage. Pauvre Corvo qui va un peu être orphelin à partir de demain. Malgré elle, Janka sourit à l’idée.
Au fond, le plaisir de la mort lente vient toujours de ce regard qu’on te lance alors que la vue se trouble et que la gorge se bloque pour empêcher la cible de respirer. Alors que tu portes les traits de son cher et tendre, que les verres sont encore dans vos mains respectives et que, lentement, très lentement, on prend conscience de ce qu’il vient de se passer. Ton partenaire t’a empoisonné. Quoique ce n’est pas toujours dans la vulgarité du lien marital que Janka vient chercher ses reflets. C’est parfois un parent particulièrement aimant, un frère ou une soeur dont on attendait des nouvelles depuis un moment. Peut-être cet ami que l’on croyait disparu et qui a en vérité été assassiné la veille. Non, vraiment, il n’y a rien que ce regard de désespoir alors qu’on se rend compte de la cruelle trahison. Thaddeus a eu celui là. Presque celui-là. Il a compris, très vite, il n’est pas si con. Sa femme le tue. Mais il n’a pas eu l’air si triste que cela, ou choqué. Non. Il écarquille les yeux, qu’elle ait osé. Puis il sait, il comprend. Je le savais. C’est ce que dit son regard, avant la dernière crispation de sa mâchoire, et la dernière chute au sol.
Immobile, Janka le regarde convulser au sol et doit se retenir de rire.
Ce couple. Ce couple tellement brisé qu’il s’était attendu à ce que Calista le tue. C’est comme si, en un regard, Thaddeus venait de complètement absoudre son assassinat : c’était le désir de la princesse.

Toute à sa jubilation, tout à la lente jubilation du spectacle du corps de son viral, elle entend trop tard le retour de la maîtresse de maison. Elle ne comprend que trop tard que quelqu’un monte les escaliers, et que c’est elle. Pas le temps de cacher le corps, pas le temps de le remplacer, encore moins le temps de fuir.
Calista apparaît.
Par les Trois, qu’elle est belle.
Tétanisé par la panique, par la surprise de cette apparition inattendue et par le tour presque grotesque que prenaient les choses, Janka ne parvient pas à bouger. Elle regarde Calista la regarder, regarder le corps, la regarder de nouveau. Elle voit son arme. Elle a à peine le temps de se dire que mourir par sa main ne peut être une mauvaise mort. Remarque à peine que le reflet se fissure à la vue de l’original. Sent son coeur battre à cent à l’heure. Et explose quand son prénom passe les lèvres tant adorées. “Janka ?” Oui, c’est moi. Et en d’autres circonstances, la changeling aurait pu pleurer d’être reconnue de sa princesse. Elle, la noble qu’on a renié, la riche qui n’a plus d’honneur et qui n’a jamais pu, jamais mérité de rôder dans son ombre. Toujours crainte de hanter les ombres de son ombre et de la poursuivre de visages qui n’étaient jamais le sien. Des années, maintenant, que Janka a presque l’impression de vivre avec elle. C’est la première fois, peut-être, que la princesse prononce son prénom devant elle.
Un instant, la scène lui coupe le souffle.
Le sourire de la jeune veuve est sidérant. Que son mari s’attende à être tué, soit. Qu’elle soit indifférente à son meurtre, passe encore. Mais cette satisfaction dans le visage de la future régente pétrifie l’assassin. Quelque chose en la Valterszen voudrait soudain se mettre à terre, front sur le sol, afin de promettre la fidélité la plus absolue et l’amour le plus profond à cette figure terrifiante qui vient la surprendre face à son crime le plus abominable. Janka voudrait lui dire qu’elle l’a fait pour elle, rien que pour elle, qu’elle la regarde depuis toujours et qu’elle ferait, qu’elle se damnerait pour lui plaire.
L’orgueil, bien heureusement, la sauve.
C’est un simple genou qu’elle pose à terre, avec une tête un instant baissée : “Votre Altesse,” articule-t-elle d’une voix étrange encore mêlée avec celle de Calista. La figure sombre qui se relève finalement simule presque complètement le calme. “Veuillez me pardonner ce spectacle, vous n’étiez pas censée en être témoin.” Puis, avec toute l’assurance de celle qui a menti toute sa vie, elle déclare avec dévotion : “Nous avons malheureusement appris que votre mari agissait activement contre la couronne, contre le Royaume de Lumière, et ne pouvions rester impassible. J’ai été envoyée par mes supérieurs pour mettre fin à cette vulgaire mascarade.” En quelques phrases bien pesées, elle dissimule hâtivement l’égoïsme de son acte, la saleté de son obsession et le cadre exact de ses motivations. Sa tête est de nouveau baissée, pendant qu’elle fait de son mieux pour trouver de nouvelles choses à improviser dans l’urgence. “Nous avons peut-être été trop fervents dans notre entreprise, et nous vous prions de bien vouloir accorder votre pardon à ces pauvres fous qui n’ont voulu que vous servir.” Et dans cette phrase-là, peut-être, se cache un brin de vérité.


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MessageSujet: Re: CAKA#1 | Glorified.   Jeu 30 Aoû - 0:21

it is hard to forgive, and to look at those eyes, and feel those wasted hands

Janka Valterszen. Voilà bien des années qu'elle ne l'a pas vue de ses propres yeux. Callie s'en souvient vaguement, la gamine à la famille traîtresse, le débâcle, les rumeurs. Elles ont fait leurs classes ensemble, à quelques années de différence, elle croit, elle ne sait plus. La seule raison pour laquelle Callie se souvient de son nom — en plus de la réputation plutôt mauvaise de sa famille —, c'est parce qu'elle connait la totalité des familles nobles de la cour des Lumières, surtout les membres qui ont son âge. Elle essaie de convoquer ce qu'elle sait d'elle: l'affaire de sa famille, bien entendu, mais aussi de son gamin. Un Unseelie, et le mari est parti avec. Histoire triste, mais qui laisse Calista au fond un peu indifférente. Ce genre de choses ne lui arrivera pas alors elle n'a pas besoin de s'en soucier.
Elle aime bien Janka. Elle croit. Difficile de ne pas aimer les Valterszen quand ils baisent le sol que les Eilenach foulent. Callie peut parfois se révéler vaine et apprécier le léchage de cul du moment qu'il est fait avec le sourire. Le seul sourire qui illumine la pièce en cet instant, ceci dit, lui appartient à elle et à elle seule: le visage de Janka est un patchwork d'émotions et de traits différents. Callie se souvient en cet instant précis pourquoi elle n'aime pas les Changelings.

L'autre femme pose un genou à terre, s'incline comme il se doit — quoiqu'avec plus de dévotion que Callie a pu voir chez la plupart des gens. Sacrés Valterszen. Elle se demande si ils savent combien son père aurait aimé les tuer tous jusqu'au dernier. Si ça avait été elle, elle l'aurait fait sans hésiter, et peu importe ce qu'en aurait dit la Cour. “Votre Altesse.” La princesse grimace en entendant un peu de la sonorité plus aiguë de sa voix dans celle, rauque, de Janka. Toutefois, elle apprécie la marque de respect et hume en appréciation, son petit sourire rapetissant sur ses lèvres mais restant, comme un fantôme, sur sa bouche. Ses yeux se sont un peu ouverts, regardent Janka se relever avec intérêt, rapportant sa cigarette à sa bouche pour en avaler une profonde bouffée. “Veuillez me pardonner ce spectacle, vous n’étiez pas censée en être témoin.” De ça, elle n'en doute pas un seul instant. Ça n'explique toujours pas pourquoi le corps, qui semble sans vie, de son mari se trouve à même le sol. Les yeux de Callie retombent sur ce visage qu'elle a tant aimé, puis remontent vers la Changeling quand elle reprend: “Nous avons malheureusement appris que votre mari agissait activement contre la couronne, contre le Royaume de Lumière, et ne pouvions rester impassible. J’ai été envoyée par mes supérieurs pour mettre fin à cette vulgaire mascarade.

Calista cligne des yeux. Thaddeus prie les Trois et même si il n'a pas beaucoup d'amour pour le roi depuis qu'il l'a ridiculisé devant tout le monde il y a sept ans à un dîner de famille en privé, sa femme ne le voit pas du tout faire quoique ce soit d'actif à son encontre. À vrai dire, elle le voit mal faire quoique ce soit d'actif tout court contre qui que ce soit. Sauf peut-être elle. Et encore. Le sourire a disparu. “Nous avons peut-être été trop fervents dans notre entreprise, et nous vous prions de bien vouloir accorder votre pardon à ces pauvres fous qui n’ont voulu que vous servir.” Elle s'adoucit vite, ceci dit, penche la tête sur le côté, pèse ce qu'on vient de lui dire. Ce ne serait pas la première fois qu'elle voit quelque chose qu'elle n'est pas censée voir, ni la dernière. Il faut bien fermer les yeux sur certaines choses, de temps en temps, quand on est princesse d'un royaume où meurtres, violences et mensonges se côtoient chaque jour. “ Je vois... ” fait-elle d'un ton distant avant de s'approcher d'un pas hésitant, puis de deux un peu plus courageux, du corps de son mari. Elle contourne Janka sans un regard pour s'agenouiller près de Thaddeus, sa main se tendant pour effleurer sa mâchoire. Il est encore tiède. Mais il est mort. Pendant un instant, elle se dit que son sang pourrait le guérir, si elle savait comment l'utiliser. Sauf que ce n'est pas le cas, et que de toutes façons elle ne le ferait pas si elle le pouvait. La mort lui va bien au teint.

Elle relève les yeux vers Janka en écrasant, avec une force très mesquine, sa cigarette contre la pommette de son mari. Ce simple geste lui apporte plus de satisfaction qu'il ne l'a fait ces cinq dernières années. “ Vos supérieurs, qui sont-ils? Avez-vous leurs ordres à l'écrit? Puis-je les appeler et leur confirmer moi-même l'accomplissement de votre mission? ” Elle ne peut pas imaginer Thaddeus être un traître. Un incapable, un connard, un inutile, oui. Un traître, non. “ J'aimerais glisser un bon mot à votre égard. ” Elle se relève lentement, sans la quitter du regard. Janka n'a pas bougé, elle pourrait faire partie des ténèbres. Quelle était la suite du plan? Le tuer et le cacher et la laisser le trouver? Accuser la cour des Ombres? Elle s'approche jusqu'à ce qu'elles soient proches — plus que la convention l'autoriserait, mais pas assez pour la toucher. Elle veut juste la regarder dans les yeux. “ Vous venez de m'enlever une sacrée épine du pied. ” Et ce sourire, de nouveau sur ses lèvres. Adressé à elle.
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MessageSujet: Re: CAKA#1 | Glorified.   Jeu 30 Aoû - 20:17

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Alors que les mots lui échappent presque trop naturellement et que le choc se résorbe lentement, Janka commence à prendre conscience de la position dans laquelle elle se trouve. La Princesse est là, devant elle, sait son nom et la voit. La voit elle, Janka Valterszen. Pour une raison obscure mais précieuse son Altesse se souvient de son nom. Impossible, maintenant de la décevoir. De montrer la moindre faiblesse, de lui donner l’impression d’être indigne de confiance, ou obsessionnelle. Hors de question de lui faire comprendre les pensées nocives qui poussent toujours la changeling à jouer comme une marionnettiste dans la vie privée d’une femme qui ne la connaît pas.
Heureusement, Janka contrôle les expressions de son visage aussi bien que ses traits.
Elle ne laisse pas affleurer l’émotion qui la prend quand Calista s’approche d’elle. Ne bronche pas quand on la contourne, ne s’avance pas, ne lui attrape pas le bras, ne prend pas de nouveau le visage de Thaddeus pour avoir le droit de l’embrasser. Comme un soldat bien dressé, dont elle prend la rigidité du corps, du regard et de l’expression. Neutralité. Elle se décale cependant pour ne pas être dos à elle. Se tient à une distance respectable. Regarde sans moufter la veuve se pencher sur le corps de son époux. Lui caresser la mâchoire. Alors qu’elle n’a pas le droit de lui caresser la mâchoire. Elle n’aime pas cet homme. Ne l’aime plus, au moins. Elle est heureuse que son mari soit mort, c’est une vérité, quelque chose que Janka sait depuis ses tripes et la seule raison (la seule !) qui justifie son acte. Elle a tué Thaddeus parce que Callista voulait qu’elle le fasse. Alors interdiction de revenir sur ses décisions. Hors de question qu’elle regrette, qu’elle embrasse le corps, qu’elle pleure, Janka ne le supporterait pas. Et elle doit se retenir de s’interposer, et doit se retenir encore plus de soupirer de soulagement en voyant la cigarette venir s’écraser sur la pommette de Thaddeus. Se retient de sourire, de rire, d’exprimer son émoi alors que le geste de Calista la libère et que son regard qui se pose sur l’intruse l’enferme. Sans broncher, elle affronte son regard. Et ses questions. “Vos supérieurs, qui sont-ils ?” Ils n’existent pas. “Avez-vous leurs ordres à l’écrit ?” Ils n’existent pas. “Puis-je les appeler et leur confirmer moi-même l’accomplissement de votre mission ?” Difficile d’appeler des personnes n’existant pas. “J’aimerais glisser un bon mot à votre égard.” La face du soldat flanche, à cette phrase. Se fissure par des yeux qui s’ouvrent davantage, des lèvres qui s’entrouvrent, forment presque un mot, pour renoncer.
Il serait cependant cruellement irrespectueux de ne pas répondre aux questions de son Altesse.

Je n’ai malheureusement pas plus conscience que vous de l’identité de mes supérieurs et nous ne laissons aucune preuve écrite de nos échanges.” Janka se permet, enfin, un sourire. Un peu torve, un peu amusé, surtout discret. “Nous ne pouvons pas vraiment nous permettre de faire pignon sur rue, Votre Altesse.” Son assurance se trouve cependant vite menacée en la voyant s’approcher de nouveau. Un peu trop vite, et un peu trop directement. Et il est complexe de rester là, rigide, toute trace de sourire effacée. Janka a l’habitude d’être Thaddeus, a l’habitude d’être Corvo, ni l’un ni l’autre n’hésitent à approcher l’être céleste.
Janka, elle, se sent trembler à la simple idée de la souiller.
Et ses yeux dans les yeux, trop profondément, la déstabilise. Sa déclaration, aussi, la ferait rougir si elle n’avait pas bloqué son visage dans cette neutralité de soldat. “Vous venez de m’enlever une sacrée épine du pied.” Et il y a presque de la reconnaissance dans sa voix. La voix de Janka est presque fébrile en lui répondant : “Vous êtes trop généreuse, madame.” Un profond respect transparaît de son expression alors que ses yeux brillent malgré eux de reconnaissance. Jusqu’au moment où elle dépasse la simple admiration du visage adoré pour voir, dans ces yeux, son propre reflet. Son abominable reflet.
Comme a-t-elle pu oser !
Le rouge, cette fois-ci, la prend aux joues alors que toute trace des traits royaux quitte son visage.
Et un genoux est aussitôt posé à terre, la tête baissée, la panique venant battre contre ses tempes. “Veuillez me pardonner une énième impertinence. Je ne voulais pas vous faire voir un tel reflet et c’est ma terrible erreur que de vous avoir montré un piètre contrôle de mon don.” Irréprochable, elle se l’était bien dit, clairement dit, qu’il ne fallait pas décevoir la personne qui lui faisait face. Et voilà qu’elle fait une erreur de débutant ! Devant l’humiliation d’avoir laissé cet entre-deux défigurer son visage, les compliments que lui a fait Calista ont comme disparu. Et sa reconnaissance, envolée.


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MessageSujet: Re: CAKA#1 | Glorified.   Mar 4 Sep - 15:07

Callie aime les secrets, comme dans les livres que Corvo aime tant qu'elle lui lise, ceux où il y a des espions et des affaires de trahison et de meurtres et de traîtrises. Quand elle était petite, elle ne réalise pas vraiment que ça faisait partie de sa réalité; en grandissant, elle a compris qu'elle était au coeur de ces intrigues, ces histoires romancées impossibles. Entendre Janka lui dire qu'elle ne communique pas avec ses 'supérieurs' et n'a pas leurs ordres, au lieu de l'inquiéter et la faire douter de ses intentions, l'excite un peu. Elle n'a pas peur de Janka. Peut-être devrait-elle: son père l'a élevée dans la méfiance et la distance, lui a rappelé sans cesse qu'ils étaient constamment entourés d'ennemis et de vipères. Mais il y a quelque chose dans le visage de Janka, dans son regard, une dévotion qu'on ne peut pas imiter ou feindre. Elle sait aussi que si la Changeling la voulait morte, elle n'aurait pas attendu pour lui sauter dessus. Callie se serait battue, bien entendu. Mais elle ne se sent pas du tout en position vulnérable, pas en voyant le visage lisse de Janka... enfin, le visage lisse de Janka et du sien.

C'est étrange, ce mélange; pas hideux mais étrange, de se regarder. Ce n'est pas comme un miroir, loin de là. Callie connait bien son reflet, elle l'observe chaque jour avec attention, cherchant dans ses cheveux et aux coins de ses yeux les marques de la course du temps, appliquant son maquillage avec grande attention dans l'espoir de cacher des défauts qu'elle est la seule à véritablement voir. Mais ce n'est pas son reflet, c'est son visage qui lui rend un regard attentif, mais voilà de la distance que la dévotion procure. Callie en a vu que trop peu, des dévoués; surtout du côté de la famille de Janka, qui se consacre presque plus parfois à la religion qu'à leur monarque. Dans la cour, beaucoup ne font que prétendre. Ça ne dérange jamais Callie; ça l'amuserait presque, d'embourber les gens dans leur propre fausse prétendue loyauté. Elle aime minauder, les enfermer dans un labyrinthe de fausses gentillesses, les force à baisser la tête et à prouver leur respect. Pas besoin de ça avec la femme qu'elle a en face d'elle. “Vous êtes trop généreuse, madame.” Un pli se creuse sur la joue de la madame en question, acceptant le compliment. Elle peut être généreuse, oui. Mais elle veut aussi savoir. Elle ne comprend pas pourquoi Thaddeus a été tué. Elle ne peut pas l'imaginer être un traître. Elle ne peut simplement pas (mais c'est, après tout, l'objectif de chaque traître, elle imagine, d'avoir une telle couverture qu'il est impossible de les soupçonner). Mais son Thaddeus? Thaddeus le gentil et mou et flaccide et inutile, passif et incapable de la quitter même si il en aime une autre.
Callie réalise qu'elle ne s'est jamais vue d'aussi près. Elle se trouve belle, même si c'est difficile à dire avec les traits de Janka qui s'y mélangent. Elle a presque envie de se toucher...

Janka la prend de court quand ses traits s'ouvrent dans une expression vivace que Callie n'a pas le temps d'analyser, puis se referment en effaçant toute trace de Callie de ces traits magnifiques, et enfin se cachent quand elle baisse la tête en se laissant presque tomber au sol, son genou s'écrasant sur le plancher dans un bruit sourd. “Veuillez me pardonner une énième impertinence. Je ne voulais pas vous faire voir un tel reflet et c’est ma terrible erreur que de vous avoir montré un piètre contrôle de mon don.” Même le meilleur acteur n'aurait pas pu trouver ces mots pour plaire à la jeune princesse qui se surprend à sourire — magnanime. “ Allons. ” Elle est toute douce, sa voix. Gentille. Deux choses que Thaddeus lui reprochait de ne pas être assez souvent. Enculé. Sa main se tend, deux doigts effleurent le crâne de Janka, aimeraient trouver son menton pour lui faire relever le visage (ceux qui aiment la Couronne aiment tant être touchés, qu'on leur montre que même la famille royale a une enveloppe corporelle, existe au même titre qu'eux) mais se résignent rapidement. “ Mon visage est-il si laid pour que vous soyez ainsi horrifiée? ” rit-elle légèrement. “ Relevez-vous. ” Moins qu'une invitation, c'est un ordre que, fort heureusement, la Changeling s'empresse d'exécuter. Callie la jauge pendant un instant avant de se tourner vers son mari de nouveau. “ J'aimerais glisser un bon mot à votre égard, ” se répète-t-elle en regardant Thaddeus d'un air songeur. “ Mais il est vrai que l'accomplissement de votre... mission, n'était pas parfait. Loin de là. ” Regard en coin en direction du profil de Janka. “ Dans ce cas, peut-être devrions-nous garder votre... erreur entre nous, qu'en pensez-vous? ” Ça semble si raisonnable quand elle le dit comme ça. “ Qu'étiez-vous censée faire ensuite?
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