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 (reinhard & eseld #1) home again

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BANSHEE ◊ the eye of the warrior
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MessageSujet: (reinhard & eseld #1) home again   Dim 29 Juil - 3:07


“ For the two of us, home isn't a place. It is a person. And we are finally home ”
OIDHCHE, QUARTIER NORD + PRINTEMPS 1172
« Nous allons arriver, Eseld. » Sur son bras, la main d'Adhara est légère mais bien suffisante, la banshee déjà consciente du changement de rythme dans le roulis mécanique alors que la machinerie ferroviaire s'apprête à entrer dans la station unseelie. « Meallan ? Il faut se réveiller » appelle-t-elle, secouant doucement le petit corps contre elle. A peine installé dans un compartiment où personne n'a osé les rejoindre, son fils s'est endormi, le voyage finissant de saper ses dernières forces, l'allongeant en travers de leur banquette, la tête sur ses cuisses. « 'n est arrivés, Mama ? » Et un hochement de tête lui répond. « C'est la nouvelle maison ? » « Oidhche est notre seule maison, il n'y en a pas d'autre. » Cette ville est la seule qui vaille qu'on vive et qu'on meure pour elle. Oidhche est la seule maison qu'elle veuille pour son fils, là où se trouve son héritage. « Mais l'ancienne ? » insiste-t-il en sautant sur ses pieds, le plus jeune des barzoïs s'approchant immédiatement pour, Eseld le devine au rire de son fils, coller doucement sa truffe dans le ventre du petit garçon. « C'était juste en attendant qu'on puisse rentrer dans notre vraie maison, mon chéri. » A tâtons, les mains maternelles cherchent le visage de l'enfant, s'assurent eux-mêmes que les vêtements ne sont pas froissés, puis que les cheveux n'ont pas pris des libertés sur le crâne de son fils. La Simple qui l'aidait à tout et rapportait tout à son mari est restée à Meanach, chargée temporairement de maintenir la maison vidée de ses maîtres. « D'accord, Mama. »

« Oidhche, Oidhche. Terminus, tout le monde descend » annonce une voix enregistrée dans un grésillement. D'un sifflement, les barzoïs sont à ses pieds, tête posée sur ses genoux attendant patiemment que leur maîtresse trouve les laisses qui sont son fil d'Ariane. Puis la silhouette se déplie, dans sa robe aux couleurs tendres d'un printemps naissant, et les doigts libres se tendent vers Meallan, ne tardent pas à être saisis par la petite main de son fils, impressionné par ce nouvel univers qui se dévoile derrière les portes mécanisées.

Comme à chaque visite, à chaque retour, il faut un temps pour s'habituer à nouveau au rythme effréné de l'industrielle capitale, à sa vie qui pulse, pulse dans ses infinis rouages sans jamais s'arrêter. Et chaque son, chaque sensation lui revient, peu à peu, porté par les souvenirs d'une vie entière à Oidhche, ces fabuleux chapitres d'une histoire qui peut enfin reprendre son cours normal. Ici, sa nature déploie de nouveau ses ailes, s'ébroue librement en l'absence des inhibiteurs qui brident les faes - ici, il n'y aurait qu'à tendre les doigts pour s'emparer du futur. A chaque fois, c'est comme s'éveiller dans un corps engourdi, à peine échappé des griffes d'un coma forcé.

Curieux, le regard vif de son fils est le premier à accrocher sa silhouette, à le reconnaître. « Mama, regarde ! » Laissant à Adhara le soin de les suivre avec l'escorte, Eseld s'avance à la suite de l'enfant qui tire jusqu'à ce que le parfum si caractéristique l'arrête. Autour d'eux, il n'y a que le bruit du personnel du métro qui s'affaire, mais impossible de manquer les regards posés sur eux, les curiosités qui attendent un gossip croustillant à raconter sur le retour d'exil de la princesse Eseld. Alors d'une pression légère de la main, Meallan est immédiatement ramené à ses côtés et aux règles dictées par son éducation.

« Bonjour Général, souffle-t-elle, avec un sourire tendre vers lui : j'ignorais que vous viendriez nous accueillir. » Inutile de chercher très loin la coupable de cette déperdition d'informations : Adhara est à peine un pas derrière elle. « Bonjour, 'néral » s'applique l'enfant lorsque, le lâchant, elle le laisse rejoindre Reinhard pour un câlin et des salutations bien moins effusifs que ce qui se jouait dans le privé de leurs entrevues à Meanach.


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MessageSujet: Re: (reinhard & eseld #1) home again   Sam 4 Aoû - 17:27

home again
eseld hirluin & reinhard hershel

« FOR THE TWO OF US, HOME ISN'T A PLACE. IT IS A PERSON. AND WE ARE FINALLY HOME   »
La montre tourne, doucement, à ton poignet. L’heure approche. Et tu entends encore la fureur, la langueur de la rumeur rampante, puissante à travers les couloirs du palais : Le Seelie a péri. Avec lui sonne le glas de l’exil, avec lui gronde la vérité, la possibilité ; Eseld rentre chez elle. Certains tremblent de peur, d’autres craignent la rancœur, toi, tu te demandes si il existe un peu de chaleur pour toi. Peut-être même doutes-tu, comprends-tu que son retour signifie la fin de l’amitié, des rencontres dans l’intimité. Peut-être même saisis-tu que dans l’effervescence, la tourmente de la cité des Ombres, tu n’es qu’un parmi tant d’autres.

« M-Monsieur, la voix d’Adrian chevrote, te décroche de la montre. Les mots d’amour, de tendresses, d’infinis délicatesses se sont enfuis en public, ne laissant que les hommes épris de leur devoir. Mh ? Le t-train approche. Bien, sous-capitaine. » Lentement, les mains se déplacent derrière le dos, laissant apparaître l’uniforme militaire, l’écrin de cette profession devenue passion, loyauté implacable, intarissable. L’écusson de sa majesté brille comme une invitation à la sécurité, comme une prison de tissus devenue armure sous la dorure. Comme si cela pouvait te protéger.

« Oidhche, Oidhche. Terminus, tout le monde descend. », claque la voix caractéristique alors que les mécaniques de fer et de vapeurs s’ébrouent une dernière fois, que le véhicule finit de se stopper. Et si tu restes de retrait pour ne pas te dévisser la tête à regarder qui est recraché par le monstre de ferraille,  il est évident que tu es inquiet, que l’anxiété s’écoule dans les frictions de ta main. Entre tes phalanges dort une pluie sourde de regrets abîmés, de questions qui jamais ne seront posées, esquissées.

Et lorsque la cohue s’est un peu apaisée, que certains ont finis de s’embarrasser de sentiments, d’autres filent, la tête baissée, l’air bouleversé, il y a les museaux de Clotho, Atropos et de Mistral. Le poil soyeux des trois barzoïs roule sur les muscles fins, sveltes, sur une vie bâtit à protéger, à sauvegarder les pas peu assurés d’Eseld. Sans eux, elle pourrait s’effondrer, s’écrouler. Doucement, tu te détaches des deux faes sur tes talons, fondant un peu la foule, laissant apparaître la banshee et son enfant. La robe laisse paresser les couleurs resplendissantes d’un bonheur retrouvé, d’une vie regagnée, bien loin de la veuve éplorée. « Mama, regarde ! », s’écrie la voix familière de Meallan. Un sourire naît, caressant doucement la tendresse retrouvée malgré l’impression (cruelle) (éternelle) de n’avoir été qu’un caprice futile, inutile de la princesse, évadée sous d’autres lèvres, dans d’autres corps ; l’impression d’avoir été un acte désespéré, une pulsion capricieuse et voleuse. L’enfant a toujours élevé des contradictions, des hésitations : entre amour paternel insoupçonné et amertume écumant ton âme, piétinant tes drames personnels, sempiternels. Et il tire le jeune prince, attirant sa mère à sa suite, pour te rencontrer, te retrouver. Un peu comme on enlace de nouveau tout un univers, un père.

Cependant, la décence, l’apparence condamnent ceux qui s’aiment et la princesse freine l’enfant, le retient pour le ramener vers elle. « Bonjour Général, la voix fragile, le corps gracile, Eseld glisse un sourire, j'ignorais que vous viendriez nous accueillir. » , la bienséance te fait reprendre ton masque, ton attitude glaciale, esquisser du bout des lèvres : « Votre Altesse, parce qu’au sein de la grisonnante, de la puissante Oidhche, elle est princesse. Elle est celle revenue de l’exil, elle est membre de la royauté et toi, tu n’existes qu’à travers eux, que pour eux. La Capitaine Hirluin m’a semblé insister sur la nécessité de vous escorter pour assurer votre sécurité. » Et c’est tout naturellement que tu as accepté, que tu n’as pas pensé aux vertiges du cœur. Le regard tombe dans celui d’Adhara, offrant une salutation distante, pleine de déférence mais aussitôt, il retombe sur le garçon : « Bonjour, 'néral », glisse-t-il, tenant son rang, faisant honneur à son éducation. « Bonjour jeune prince, lentement, tu te baisses pour le rattraper, être à sa hauteur, le jaugeant de ta si rare chaleur, comment allez-vous ? L’étreinte est douce, quoique moins intimiste. Avez-vous fait bon voyage ? C’était ennuyeux, la moue de l’enfant est douce, quoiqu’un peu silencieuse. Tu devines qu’il voudrait dire plus, qu’il voudrait parler de l’ennui, de la fatigue et de cette maison inconnue. Les appréhensions de l’enfant et puis toutes ses questions qui roulent dans ses yeux. Nous en discuterons en privé, si vous voulez bien ? Meallan hoche de la tête et demande en penchant un peu la tête : On rentre à la nouvelle maison, du coup ? Tu te redresses légèrement, offrant tes doigts au petit homme qui, aussitôt, les prend. Oui, une voiture nous attend. Mama, t’entends ? Il se tourne vers la princesse blonde. Le ‘énéral a amené une voiture pour nous emmener à la maison. Et les chiens amènent la princesse à tes côtés : Voulez-vous mon autre main, votre majesté, pour vous guider ? » Offres-tu, lentement, sachant parfaitement qu’Atropos te suivra à la trace avec le jeune prince à bout de bras. Et d’une main à l’autre, toutes les laisses sont transférées et elle tend la main délicate et fine, porcelaine si aisée à briser, à broyer. De tes doigts, tu viens doucement lui prendre les siens, lui laissant sentir ta force, ta chaleur. Tu ne sais pas bien si c’est la douceur de sa peau qui fait déconner, détaler le coeur. Tu ne comprend pas pourquoi les souvenirs te reviennent, t’étreignent avec tant de vivacité, d’intensité. Tout ça c’est de l’histoire ancienne, rien qui ne t’appartienne, te retienne.

Et les pas vous amènent hors de la gare, devant deux véhicules noirs aux vitres teintées. La routine bien rodée s’installe sans complexe, ni détails désuets. Adrian s’engouffre dans un véhicule, se désignant comme le chauffeur, bientôt suivi par son collègue en passager. « Meallan ? La voix féminine d’Adhara glisse alors qu’elle porte sa main vers l’enfant, comme une invitation à le suivre. Mais z’voulais aller avec ‘énéral, souffle-t-il, un peu capricieux, un peu boudeur à l’idée de t’être arraché en reculant légèrement derrière toi, comme pour empêcher sa tante de l’escorter. Oh mais ne t’inquiète pas, le sourire d’Adhara est grand pour l’enfant, je vais te montrer plein de choses. Oh ? Et aussitôt, les yeux bruns pétillent d’intérêt, de curiosité. Vrai ? Oui. Alors ‘accord ! », et Meallan se laisser embarquer, en te faisant un aurevoir de sa petite main. Le sourire est doux, complice, t’arrachant une valse de sentiments tendres.

« Votre Altesse, souffles-tu, après vous. », laisses-tu tomber, flotter, guidant vos doigts vers le cadre de la porte arrière ouverte, offrant la vue d’une banquette confortable. D’un geste, elle te laisse les laisses d’Atropos et Clotho, ne gardant que Mistral contre elle. Son sourire te décolle le coeur, te dévore d’une douce chaleur comme si elle avait le don de rallumer des endroits si longtemps éteints : « Merci. Tu tombes dans ses yeux vides alors qu’elle s’engouffre dans l’habitacle de métal : Ce n’est que mon devoir. ». Humble, on sait pourtant qu’avec toi, le devoir est toujours accompli, que jamais tu ne faillis. Tu refermes doucement la portière, guidant les barzoïs à l’avant, les laissant s’installer, s’allonger sur le siège aux côtés du chauffeur. Et calmement, déroulant tes longues jambes, tu fais le tour, allant t’installer à ses côtés.

Aussitôt, elle tâtonne pour te trouver, te retrouver. Craignant un peu l’incident d’une main égarée, tu attrapes en douceur sa paume dans un souffle : « Je suis là, princesse. ». Toi, l’homme que rien ne fait trembler, tanguer, tu sens pourtant dans ses doigts fins une puissante, une irradiante malédiction, affliction. « Comment vous portez-vous ? », tu ne la penses pas traumatiser par la perte d’un époux détesté, dont elle avait tant hâte de se délester. « Je suis content de vous revoir », souffles-tu, même si Oidhche ne vous offrira plus jamais la même proximité, plus jamais la même intimité volée, arrachée. Tu savais, pourtant, tu le reconnais, évidemment ; son retour, c’est un peu la perdre, vous perdre.

(c) DΛNDELION
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MessageSujet: Re: (reinhard & eseld #1) home again   Dim 5 Aoû - 1:15


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OIDHCHE, QUARTIER NORD + PRINTEMPS 1172
Il y a quelque chose de familier, et pourtant lointain comme un ancien souvenir, dans le vieux cérémonial qui les enveloppe à nouveau. Ici, ils sont général et princesse, l'amitié distendue par leurs rôles et leurs titres. Aujourd'hui, la politique d'Oidhche se dresse entre eux, lui serviteur de la Reine Elowen, elle dont on dit que la loyauté a pris des contours flous, que les couleurs de ses serments se sont fanées. « Votre Altesse, appelle-t-il après le départ de Meallan, attirant son attention sur la carcasse métallique sur laquelle il mène leurs mains : après vous. »

Les habitudes reviennent vite, tenaces, voraces, alors qu'elle lui confie les deux chiens, gardant le plus jeune, le moins discipliné à ses pieds, quand elle s'installe sur la banquette arrière, le remerciant. « Ce n’est que mon devoir » glisse-t-il, et la portière refermée sonne comme une porte claquée au visage. Nécessité, a-t-il dit aussi, tantôt. N'est-elle plus que ça, un devoir, maintenant qu'elle revient, variable inconnue dans la parfaite équation qu'ils font avec Elowen ? Et un instant, le doute s'invite, s'installe sans un bruit, caché par le vrombrissement du moteur qui démarre. Il mord le bout des doigts qui cherchent Reinhard à ses côtés, sur la banquette de cuir précieux. « Je suis là, princesse. » Doucement, les doigts incertains viennent se resserrer autour de ceux du sluagh, refusent de le laisser repartir. « Est-ce que vous allez pouvoir rester un peu avec nous, général ?, souffle-t-elle, le visage tourné vers l'avant, le regard vide sur le lointain, et l'attention pourtant toute entière tendue vers lui : Ou est-ce qu'un autre devoir vous attend ailleurs ? » Eseld n'est pas étrangère aux rumeurs qui font partager à l'homme la couche de sa tante, peut-être même un bâtard ou deux dans le plus grand secret. Comme tous les autres, elle s'est interrogée sur l'absolue fidélité qui les lie, ces serments qui ressemblent à ceux d'un mariage. Et comme toutes celles qui ont soupiré après lui, elle n'a pas su s'empêcher, s'interdire de jalouser cet absolu qu'elle ne pourrait jamais posséder.

« Comment vous portez-vous ? Je suis content de vous revoir. » Un haussement d'épaules est sa première réponse, sincère dans son silence et son hésitation, et de sa main libre, la laisse est posée sur ses cuisses, le châle noir du deuil glisse, défait, dévoilant les épaules nues qui n'auront pas manqué de choquer l'assemblée vigilante à l'enterrement d'Islay. « Epuisée, admet-elle dans un souffle las et dans l'étroit habitacle de la voiture, le corps fin vient s'appuyer, épaule contre épaule, à lui, chercher son soutien et sa force stable : Je suis bien contente que tout soit terminé. » L'enterrement, la lecture du testament et tous les désagréments d'un dernier sacrement. Mais aussi ce mariage, cette mascarade. « Mon fils doit pouvoir grandir parmi les siens, là où est sa place. C'est tout ce que je souhaite. » Elle tait le besoin de revanche, la confiance brisée, piétinée qui ne sait pas reposer en paix. « Ca, et la fructification de son héritage, admet-elle dans un petit rire fatigué, dévoilant volontairement les braises rougeoyantes d'une ambition bridée pendant quatre ans : cela va être glorieux après tout ce temps. » Toutes ces années cachées dans le rôle d'une femme, puis d'une mère ; à faire taire le besoin de grandeur et de hauteurs, à tirer les ficelles, tisser, retisser des destins. « Oidhche m'avait manqué. » Ses sons, ses odeurs et ses sensations. Tandis que la voiture traverse la cité, tout lui revient avec puissance comme une vieille addiction se rappelle à vous de ses crocs enfoncés dans votre chair. Et à fleur de peau, le pouvoir engourdi se déploie à nouveau, s'éveillant, lui aussi, devant la beauté de la puissance unseelie, après de trop longs jours dans la ville stérile, où tout se nivelle par le bas. « Je ne saurais pas vivre trop loin... » D'ici. De lui, semble ajouter le pouce qui, lentement, discrètement, caresse la main toujours emprisonnée dans la sienne.

« Et vous ? Comment allez-vous ? l'informe-t-elle alors que la voiture prend un virage souple et avant de s'arrêter, elle le devine, devant le palais. A regrets, les doigts se délient, et la chaleur de Reinhard l'abandonne, la fait frissonner malgré les tendres températures du printemps : Vous n'êtes pas venu, la semaine dernière. Meallan s'est inquiété. » Alors qu'il l'aide à descendre, le reproche se glisse dans un sourire doux, l'aveu se dessine en filigrane entre ses mots.

Un rire se faufile, s'apprête à fleurir.
Et finit, échoué entre les dents crispées quand l'esprit tout entier se fait happer par le futur, le corps tétanisé, figé dans un maintenant qui s'annonce.

Crac. L'os se brise et la chair est déchirée.
Contre la peau, un sang chaud coule.


La douleur fantôme est insoutenable, la pousse à terre, à peine rattrapée par Mistral qui s'est élancé pour soutenir sa maîtresse tandis que Clotho et Atropos aboient dans la voiture. « C-ce n'est rien, la voix est sifflante, porte les accords d'une souffrance qui lui amène les larmes aux yeux : une vision, c'était une vision. » Elles sont toujours plus fortes lorsqu'après un long séjour sous les inhibiteurs de Meanach, Eseld se rend de nouveau en territoire libre. Et il faut un temps à l'esprit pour se re-phaser avec l'instant, revenir au présent - et réaliser que la douleur est celle d'un autre. Un autre esprit, un autre corps, un autre temps. Tremblants, les doigts viennent palper la jambe intacte, la peau lisse, régulière pour se persuader un peu plus, se convaincre plus fort. « Ne laissez pas Meallan voir ça. Aidez-moi à me mettre debout, s'il vous plaît » demande-t-elle à Reinhard, soucieuse d'épargner cette image à son fils lorsqu'elle entend arriver la seconde voiture. Alors que les intrigues et les complots fourmilleront autour d'eux, Meallan ne devra voir qu'une mère forte, capable de le protéger des dangers du monde. « Tu as mal, Mama' ? » s'inquiète l'enfant dont elle entend les pas venir vers eux. « Non, Maman est juste très maladroite, elle a failli tomber en sortant de la voiture. »


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MessageSujet: Re: (reinhard & eseld #1) home again   Dim 5 Aoû - 21:47

home again
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« FOR THE TWO OF US, HOME ISN'T A PLACE. IT IS A PERSON. AND WE ARE FINALLY HOME   »
La main fluette se referme en douceur, en lenteur sur tes doigts. Sa chaleur se propage peu à peu sur ta peau, éveillant des envies volages, des désirs, que tu dis, de passages. Mais ils ne sont jamais vraiment mort. Sans cesse, ils te dévorent, te donnent tous les tords. « Est-ce que vous allez pouvoir rester un peu avec nous, général ? Elle demande, les yeux perdus dans le vide, une tension visible joue sur ses muscles, pourtant, entièrement tendu vers toi, pressé à toi.  Ou est-ce qu'un autre devoir vous attend ailleurs ? L’attention se reporte vers la belle, cherchant à déceler dans ses mots une vérité cachée, une intention dissimulée : t’invite-t-elle à rester ? Homme de logique, raisonné et raisonnable, tu balayes l’espoir d’un geste sec de la main. Tu n’as ni le temps, ni la place pour des attentes désuètes qui finiront suicidées dans le cendrier. La princesse n’est que polie ; rien ne sert de s’enflammer, ni de s’alarmer. J’ai un peu de temps libre, souffles-tu, je peux rester si tel est votre désir. Mais je ne voudrai pas vous déranger, ni abuser de votre hospitalité. » De ceux à rester humble, tu t’efforces toujours de prendre la hauteur, de la grandeur, refusant d’être la proie d’envies jamais accomplies, de désirs devenus dénis, interdits. Bien conscient qu’elle t’est interdit.

Bien conscient, qu’ici, les rangs ont des poids lourds ont pieds, ensevelissant les rêves secrets, finissant d’écharper les derniers regrets, les derniers instants volés. Et pourtant, la franchise se faufile, se devine : « Mais ça me ferait plaisir si vous avez un peu de temps pour moi. ». Et peut-être essuieras-tu l’amère sensation de t’imposer, d’envahir la jolie princesse. Peut-être comprendras-tu enfin que tu usurpes tous tes droits.

Le haussement d’épaule s’accompagne d’épaules dénudées, de laisse laissée sur ses genoux. « Épuisée, finit-elle par avouer. Et tu n’es pas vraiment dupe, tu as bien remarqué, dessiné l’encre de ses cernes sous ses yeux chocolat, du corps gracile un peu malmenée, exténuée. Alors tu ne lui résistes pas lorsqu’elle vient s’appuyer, se reposer contre toi. Épaule contre épaule, tu la laisses se rassurer, puiser en toi ce dont elle a besoin pour continuer à avancer, à lutter. Je suis bien contente que tout soit terminé. » Et dans ton ventre, les danses de l’espérance vrombissent, ternissent la noblesse d’âme. Jamais désir égoïste ne t’a frôlé, enchaîné jusqu’à ce baiser, jusqu’à cette envie de la posséder.

Jusqu’à tout oublier.

« Mon fils doit pouvoir grandir parmi les siens, là où est sa place. C'est tout ce que je souhaite. », souffle-t-elle, charrie-t-elle du bout des lèvres, de tout son être. Tu décèles les soucis d’une mère, de l’avenir pour son unique enfant. Et tu sais qu’en le devenant, elle n’est plus vraiment, plus tellement à toi. Dans son sein résonne le besoin de le protéger, la promesse de tout faire pour le sauvegarder. « Et il en sera ainsi. Tu n’as jamais été jaloux de l’enfant, tu as juste un pincement au coeur, au corps en pensant qu’il est d’un autre. Cet ombre silencieuse, orageuse qui l’a frôlé, aimé, désiré. Cet autre auquel tu ne pourras jamais pardonner, qui te l’a volé. La violence est sourde, te creuse à t’en saccager l’âme, alors tu te contentes de refermer ta main libre, de sentir tes phalanges blanchir : tu ne pourras jamais oublier. Ça, et la fructification de son héritage, le rire s’échapper d’entre ses lèvres, laissant entrapercevoir les ambitions dangereuses, vertigineuses, rappelant que la banshee n’est pas si ingénue aux jeux de pouvoir et de gloire. Cela va être glorieux après tout ce temps. Mh, il a de la chance d’avoir une mère si soucieuse de ses intérêts. » Avec elle, jamais empire n’est plus en sûreté, n’est mieux géré.  « Oidhche m'avait manqué. », un sourire discret né, contemple les yeux pétillants de malice, de délice. Et cette ancienne vie lui tend les bras, l’attrape entre ses draps : la princesse est revenue et avec elle, toutes les manipulations, les passion des jeux de Cours. « Vous lui avez manqué aussi. La cité sombre n’aime pas voir ses enfants s’éloigner, échapper à son étreinte. Elle hurle comme une mère lorsque les unseelies filent vers la fade ville du milieu, elle se chagrine de lui voir ses fils et ses filles arracher à leur terre nourricière, guerrière. Croyez-moi. », plus bas, le murmure s’égare, retraçant le manque, l’absence. Elle t’a surtout manqué à toi, l’aimée, la tant regrettée, l’exilée. « Je ne saurais pas vivre trop loin... La caresse de son pouce sur ta peau râpeuse t’arrache un frisson, un instant de déraison, bien vite contenue, retenue : juste un signe d’amitié, t’ordonnes-tu de penser, étouffant l’imprudente attirance, la cupide assurance. Vous n’avez plus besoin de partir, votre Altesse. Un silence : Vous êtes à la maison. »

« Et vous ? Comment allez-vous ? Lentement, la course du véhicule s’arrête dans un virage souple, t’empêchant de lui répondre alors que tu délies vos mains, te hissant hors de l’habitacle pour l’aider à sortir de la prison de métal. Vous n'êtes pas venu, la semaine dernière. Meallan s'est inquiété. », souffle-t-elle, alors que tes doigts retrouvent les siens, que sa chaleur épouse la tienne, l’extirpant du véhicule. « Oui, je suis navré, la sincérité s’enlise dans la voix glacée, tu aurais vraiment aimé parvenir à venir, à sourire à Meallan. J’ai eu énormément de travail. » Les missions se sont entassées et les hommes ont dus être recadrés, sommés d’obéir. Il a fallu que tu t’interdises une visite qui n’aurait fait qu’abîmer, esquinter ton travail. « Je me rattraperai », glisses-tu, laissant s’évader des promesses de souvent lui revenir, d’amuser son fils, de ne toujours pas compter tes visites.

Et pourtant, la princesse se tend sous tes doigts. « Votre altesse ? Appelles-tu, les sourcils froncés, froissés. Tu sens son souffle se creuser, se saccader et brutalement, elle vacille, faillit, s’écroulant entre tes bras. Princesse ? L’inquiétude saccage le coeur, léchant avec brutalité les fondations de ton âme, menaçant de l’écrouler comme un château de cartes. Mistral se précipite à tes côtés, cherchant à la protéger, à la rattraper. Eseld ! Le prénom familier déchire ta voix, avalant les derniers accents de peur, de douleur : tu n’es pas prêt à la perdre, encore. Suicidée, brisée, le corps refuse de coopérer alors que le respect s’envole, décolle. Et soudain, elle respire, reprenant pied avec la réalité : C-ce n'est rien. Et tu n’es jamais d’accord à dire que tout est normal quand le poids de son pouvoir s’enroule, infernal, fatal. Une colère grippée s’accroche à ton être, alors que tes doigts chassent les larmes au bord de ses yeux, récupérant son précieux visage en coupe. Une vision, c'était une vision. » , murmure-t-elle, susurre-t-elle. Tu sais le fardeau de son don, le pouvoir qui lui incombe, qui la plombe. Les visions sont poisons pour celles de sa caste, les rendant si graciles, tellement fragiles. Si tu sais que la blonde maîtrise les fils du futur, les tirant avec aisance, complaisance, tu sais comme tu n’arrives pas à t’y habituer, à ne pas t’inquiéter. Comme si la peur qu’elle n’en revienne jamais s’accrochait encore, mastiquant le cœur. Prudemment, tu te défais de son corps, la laissant s’inspecter, se palper, se rassurer.  « Ne laissez pas Meallan voir ça. Aidez-moi à me mettre debout, s'il vous plaît. Oui, votre altesse. », aussitôt se recompose les rôles de parage, chassant l’intimité, la faiblesse des cœurs. Aussitôt, tu l’aides à se relever, une main posée autour de sa taille fine, usant de tout ton corps pour la soutenir, la retenir, ne tuant pas tout à fait la crainte de la sentir défaillir, s’enfuir. « Tu as mal, Mama' ? », s’inquiète l’enfant, puisant dans toutes ses maigres forces pour être à ses côtés. Et Eseld reste digne, mère contre vents et marées, refusant d’offrir l’apparence d’un être fragile, futile, refusant de ne pas tout lui épargner pour tout gagner pour lui : « Non, Maman est juste très maladroite, elle a failli tomber en sortant de la voiture. »

Le petit prince se tourne vers toi, le nez relevé vers tes yeux : « Vrai, ‘rénéral ? Il cherche la confirmation dans une figure rassurante, puissante, remettant entre tes mains le destin de sa mère. Oui, votre altesse. Votre mère s’est juste un peu foulée la cheville, mens-tu, pour une fois, acceptant de le préserver, de céder. Mais il n’y a de quoi s’inquiéter. Un silence, et les yeux se plongent dans les siens. Néanmoins, puis-je compter sur vous, jeune prince ? L’enfant hoche vigoureusement la tête, assoiffé d’aider, dévoré par l’envie de montrer qu’il est grand. Voudriez-vous bien demander à votre tante la trousse de premiers soins pour que nous puissions soigner votre mère dans vos appartements ? Oui, ‘rénéral ! » Et aussitôt, l’enfant accourt vers Adhara, vous laissant seuls.

Doucement, tu récupères les laisses des chiens d’une main, les laissant renifler leur maîtresse, chercher si tout va bien. « D’autres sont inquiets, à ce que je vois, tu souffles, lentement, prudemment, tentant d’étouffer les piques d’horreurs qui assassinent si bien les coeurs. Apaisés, les chiens se remettent en ligne, suivant vos pas dans le palais, jusqu’à dans les appartements de la princesse. Tu l’installes dans le canapé d’un petit salon, décoré richement, précieusement. Vous permettez ? Face à elle, tu t’es agenouillé, récupérant un pied sous la robe. Navré d’avoir menti, tous savent que ce n’est ni ton habitude, ni la solution privilégiée. Mais votre fils semblait habiter par l’envie de vous aider. Doucement, la chaussure se suicide au sol et tu la pousses à tendre sa jambe vers toi, contre toi, la calant sur ton genou. Les doigts se déplacent, composant, jouant, lentement, un massage sur la peau tendre. Comme pour la relaxer, lui faire oublier fatigue, inquiétude. Vous ne m’en voudrez pas d’improviser, mh ? », souffles-tu, tentant de tirer un peu de plaisir dans la manœuvre, sentant ton corps entier seulement soucieux d’elle.

Sans cesse, tu te vois la perdre sans pouvoir la retenir. Sans cesse, tu la vois s’évader, errer loin de toi. Sans pouvoir un peu l’aimer la protéger, condamner à désirer sans pouvoir l’effleurer, sans savoir t’exprimer.

« Mama ! Mama ! Essoufflé, l’enfant pénètre dans le salon d’apparat, sa tante sur les talons, dans un bruit de plastique et de tissus : Z’ai tout pour te soigner ! Et le garçon se glisse à ses côtés, en t’observant faire. Fais quoi ‘rénéral ? La demande te tire un sourire alors que les mains continuent de délacer, défroisser les muscles sensibles. J’aide son Altesse à guérir. Oh ! Il se dévisse presque la tête pour fixer la danse de tes mains, habitués à défroisser les muscles tendues de tes hommes blessés, qui ont trop poussés. Voulez-vous m’aider, jeune prince ? Oui ! Pourriez-vous me sortir l’huile parfumée, c’est un flacon blanc ? ‘Accord ! Le pli concentré de son front attire une risette, alors qu’il farfouille dans la trousse, tirant le flacon blanc. Ça ? Oui. Lentement, tu captures l’objet entre tes doigts, en versant quelques gouttes, le chauffant entre tes paumes pour venir finir le travail. Tu danses contre sa peau, laissant tes mains s’égarer, se déplacer jusqu’à son genou, remontant prudemment sa robe. Les envies t’enflamment, te désarment, sentant l’être s’emplir jusqu’à la lie d’ivresses, d’espoir de caresses. Les gestes s’évadent, ballet de douceur, s’attardant parfois un peu trop contre le haut de son genoux, risquant un mouvement du pouce comme pour la marquer, un peu la posséder. Et dans un souffle, tu redescends, t’évadant contre ses orteils. Le bandage, maintenant. Vui ! Et le pied se retrouve bientôt enveloppé d’un tissu souple. Tu le reposes doucement, prudemment, te redressant pour aller laver tes mains. Au loin, tu entends : A pu mal, Mama ? » Les inquiétudes de Meallan sont vivaces, s’érigent en terribles crevasses.

En essuyant tes doigts, tu souffles : « Sa majesté est très courageuse, petit prince. Elle n’a jamais mal, laissant l’enfant voir en sa mère une force de la nature que rien ne peut ébranler, ni tuer. Oui, Mama, très, très forte ! C’est pour ça que vous devez l’être aussi et que vous devez promettre. P’omettre quoi ? Il penche la tête, curieuse. Protégez-la. Toujours. » Dans tes yeux, il perçoit le sérieux des serments qui jamais ne s’effilochent, ne s’écorchent. « Pinky promise, daddy ? Demande-t-il en tendant son doigt. Pinky promise », souffles-tu, en accrochant son petit doigt au tien, prenant très à cœur la joie dans ses yeux d’être enfin traité en grand, d’être grand pour toi. Tu sais le père qu’il s’imagine, dessine en toi. Tu sais comme ce serait mentir de ne pas avouer que tu aurais aimé, adoré l’être.

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